La tatoueuse Hyun Gi Park nous parle frénésie face tattoo

Conversation avec Hyun Gi Park

Si je dis face tattoo vous pensez très probablement Fraternité Aryenne (ou à un autre gang). Avoir un tatouage facial a très longtemps rimé avec criminalité mais à regarder les derniers mannequins en vogue ou encore ces rappeurs Soundcloud aux cheveux multicolores, cette perception semble dépassée.

Historiquement, les tatouages faciaux étaient – et sont toujours – observables dans beau nombre de tribus à travers le monde. Dans la culture berbère, les motifs ornant les tapis et les visages ont la même origine. Le tatouage le plus important est celui s’étendant de la lèvre inférieure à la pointe du menton. Exécuté uniquement sur les filles sexuellement matures, ce tatouage avait pour but d’encourager la fertilité et de repousser les mauvais esprits. 

À près de 10 000 kilomètres du Maroc se trouve la Birmanie, un autre pays au sein duquel certaines femmes arborent des tatouages faciaux traditionnels. Ceux-ci ont intégré la culture Chin – une région birmane – il y a un peu moins de mille ans. L’origine de cette tradition est néanmoins obscure mais on raconte, dans cette région, que les tatouages faciaux avaient pour vocation d’embellir les femmes qui les portaient. 

Avoir un tatouage facial c’est affirmer adhérer à un mode de vie anti-conformiste. – Hyun Gi Park, tatoueuse

Nous avons discuté avec la tatoueuse Hyun Gi Park de la tendance du tatouage facial:

En tant que tatoueuse arborant un tatouage facial, comment perçois-tu les tatouages faciaux à l’ère des rappeurs Soundcloud?

Avoir un tatouage facial c’est affirmer adhérer à un mode de vie anti-conformiste. Bien que toujours perçus comme étant tabous, ces derniers ont d’une certaine manière été banalisés grâce aux réseaux sociaux.

Alors, d’après toi pourquoi sommes nous obsédés par cette mode du tatouage facial?

Un tatouage est avant tout permanent mais la conception du caractère éphémère de la vie a encouragé les jeunes à oser faire ce que les anciennes générations voyaient comme tabou. Les réseaux sociaux sont des plateformes sur lequelles les tabous trouvent leur audience. Et puis il faut dire que nous avons toujours été obsédés par les tabous. Sans transition mais mes parents ne savant toujours pas pour mon tatouage facial. Ma famille en Corée du Sud ne sait même pas que je suis tatouée… Disons que les cols roulés et le fond de teint aident!

@hyungipark